Comment Marcelino a remis Valence sur les rails

par • 08/11/2017 • A la une, LigaCommentaire (0)546

Marcelino Garcia Toral est déjà reconnu par ses pairs en Espagne. Jusqu’ici entraîneur de plusieurs clubs de moyenne envergure comme Santander ou Villarreal, il semble enfin se révéler aux yeux de l’Europe depuis qu’il a pris en main le destin du Valencia CF. Le club historique de Liga, sorti de deux saisons médiocres, débute ce nouvel exercice avec succès, enchaînant les résultats convaincants et surtout en proposant un jeu complet, très agréable pour les supporters.

Âgé de 52 ans, Marcelino Garcia Toral est passé dans les années 80-90, en tant que milieu de terrain, par plusieurs petits clubs espagnols, tels que Gijon, Levante ou Elche. Jeune, il cumule même quelques sélections en équipe nationale Espoirs. En 1997, trois ans après la fin de sa carrière de joueur, il débute son parcours d’entraîneur. Il prend notamment en main des équipes dans lesquelles il a évolué en tant que joueur comme Gijon, ou Santander. En 2007-2008, il réussit l’exploit de qualifier le Racing en Coupe de l’UEFA et participe à l’éclosion de futurs grands joueurs comme Santi Cazorla ou Cani.

Mais c’est surtout avec Villarreal qu’il obtient le début d’une reconnaissance nationale puis européenne. Entre 2013 et 2016, sous les ordres de cet entraîneur réputé pour son exigence, le club passe de la deuxième division espagnole à la demi-finale de la Ligue Europa.

En effet, Marcelino Garcia Toral a des idées très arrêtées sur le football qu’il défend : « J’aime les équipes aux idées claires et qui peuventn dans certaines rencontres, élever le niveau du football. » déclarait-il en 2015 à El Pais. C’est aussi un entraîneur qui, contrairement aux idées reçues sur le football espagnol, n’est pas un adepte de la possession. Pour lui, l’important, c’est la verticalité, le rythme et les combinaisons permettant de multiplier les positions de tir.

Depuis 3 mois et le début de son contrat à Valence, la greffe semble avoir pris, et ses idées apparaissent déjà assimilées et bonifiées pour le plus grand bonheur des spectateurs.

Composition et animation

Marcelino, maître de l’animation du 4-4-2 en phase offensive

Certains entraîneurs ont tendance à multiplier les systèmes de jeu d’une rencontre à l’autre, d’autres sont plus dogmatiques en tentant de faire rentrer les joueurs dans le système qu’ils affectionnent. Marcelino appartient à la deuxième catégorie. C’est un amoureux du 4-4-2 à plat tel que Sacchi a su le sublimer en son temps. Fort d’un recrutement intelligent avec Guedes, Kondogbia ou Murillo, il a su trouver les profils pour pouvoir transmettre ses principes. Car en phase offensive, cette disposition en 4-4-2 n’est efficace que si les joueurs sortent de la rigidité apparente du dispositif. En effet, au sein du 4-4-2, les triangles n’apparaissent pas aussi intuitivement que dans un 4-3-3 par exemple. Dani Parejo, capitaine du club, a été immédiatement convaincu par les idées du coach. « Dès le premier jour, je me suis dit : ce type connaît le football. La façon dont il parlait, les types d’entraînements, parce que chaque exercice ne consistait pas seulement à courir mais à te faire réfléchir, tu dois toujours être très concentré avec lui », déclarait-il à El Pais en octobre.

L’équipe de Valence partage une qualité forte avec la majorité des équipes de Liga : les défenseurs et relanceurs disposent d’une vraie qualité technique, d’un calme et d’un savoir-faire pour protéger le ballon sous pression.

(Sortie de balle classique côté Valence. 4 joueurs occupent la largeur et Kondogbia/Parejo sont dans l’axe à distance raisonnable pour proposer une solution. Le gardien Neto va prendre le risque de chercher Kondogbia, plein axe et sous pression.)

(Kondogbia reçoit le cuir et oriente son ballon. Alors qu’il est dans ses 30 mètres et que deux joueurs viennent le cadrer, il prend le risque d’aller vers l’avant et de tenter une passe verticale.)

(Kondogbia a trouvé Guedes en appui qui va servir son latéral, troisième homme, face au jeu. La prise de risque est valorisée et l’action se déploie.)

(Murillo a récupéré le ballon aux abords de sa surface. Il pourrait chercher le 6 mètres en restant dans le duel, ou dégager en touche. Il préfère protéger son ballon sous pression et servir Parejo.)

(Parejo est tout de suite harcelé par le joueur du Betis. A l’image de Kondogbia, il ne panique pas, et redonne à Murillo qui va ouvrir sur Gaya. La sortie de balle est propre et c’est une attaque rapide qui peut se déployer dans la foulée.)

La volonté des équipes de Marcelino de ne pas se débarrasser du ballon est admirable. Déjà avec Villarreal, il faisait confiance à Bruno Soriano et Manu Trigueros, devant la défense pour garantir des sorties de balles propres, en peu de touches de balle, même sous la pression.

Ensuite, lorsque le ballon est sorti de la première zone de harcèlement adverse et que ces derniers se replient en bloc médian, les joueurs de Valence proposent une grande variété de circuits pour déstabiliser l’adversaire.

(Première possibilité : Parejo s’est désaxé pour sortir du harcèlement des deux attaquants adverses, comme l’indique la flèche en pointillés. Par ce déplacement, il pousse son latéral à avancer dans le camp adverse, et crée les fondations d’un triangle qui permettra ensuite de déséquilibrer le bloc adverse en passant par le côté gauche.)

Le déplacement de Parejo dans l’image ci-dessus indique bien l’importance de l’animation d’un système, qui doit toujours être varié, fluide, pour créer de l’incertitude chez l’adversaire. Si Parejo et Kondogbia restaient toujours fixes en zone et plein axe en phase d’attaque, comme pourrait le supposer le système en 4-4-2, ils n’auraient alors aucune chance de surprendre l’adversaire.

Cet argument est tout aussi décisif pour comprendre le rôle crucial des milieux latéraux, Gonzalo Guedes et Carlos Soler. L’une des forces majeures de l’animation des équipes de Marcelino est en effet la maîtrise des déplacements.

(Deuxième possibilité : la configuration « en tiroir ». Parejo, en possession, dispose de 4 solutions dans le cœur du jeu pour combiner. Les milieux excentrés sont à l’intérieur, proches des attaquants, et les arrières latéraux occupent les couloirs.)

(Premier appui-remise dans l’axe, en une touche de balle, entre Rodrigo et Parejo. Ce circuit d’une passe verticale puis d’une remise au même joueur lancé, qui a donc gagné quelques mètres, peut faire penser à l’image d’un tiroir qui s’ouvre et se referme.)

(Parejo a servi dans la foulée Zaza en point d’appui, qui donne à Carlos Soler tout proche de lui : nouveau circuit d’appui-remise en tiroir dans une zone très dense et en une touche de balle. Notez la proximité d’Andreas Pereira, entouré, déjà prêt et disponible pour recevoir si l’action continue son déploiement.)

(C’est finalement Andreas Pereira, l’autre milieu excentré rentré à l’intérieur, et encerclé dans l’image du dessus, qui se retrouve à la conclusion de cette superbe action par une frappe dans la surface.)

En utilisant ces circuits préférentiels, Marcelino met en avant les grandes qualités de ces joueurs dans le jeu en une touche de balle, sous la pression, dos au jeu ou de trois-quarts. Simone Zaza excelle dans ce registre, et c’est une solution prioritaire sans être exclusive dans cette configuration.

L’entraîneur de Valence fait aussi en sorte d’utiliser ce système d’appui-remise partout sur le terrain et notamment sur les côtés. En effet, pour mettre en avant la vitesse et la qualité de déplacement de ses arrières latéraux,  les joueurs tentent, par un circuit presque similaire, d’ouvrir des lignes de passe dans la profondeur.

(Troisième configuration classique d’attaque placée : Garay est en possession du ballon et prend le risque de s’appuyer sur Soler qui rentre à l’intérieur. Pendant ce temps, le défenseur latéral Ignacio Vidal se prépare à prendre la profondeur.)

(Dans la continuité de l’image précédente, Carlos Soler a donné à Parejo en une touche de balle, qui a ensuite le temps de servir Ignacio Vidal lancé dans le dos de la défense basque désormais en difficulté.)

Ce type de circuit est redoutable d’efficacité lorsque les déplacements sont bien synchronisés. Ainsi, les images précédentes démontrent toutes les qualités de Valence dans la construction d’attaques placées. Avec 80% de passes réussies en moyenne par match, ils font étalage d’une grande aisance technique collective. En outre, Parejo joue un rôle majeur dans l’élaboration du jeu des Valenciens, en tant que plaque tournante, capable d’orienter à droite et à gauche selon le contexte. Il est parfaitement suppléé par Kondogbia. Ces derniers ne restent d’ailleurs jamais sur la même ligne, afin d’être toujours disponibles les uns pour les autres. Les milieux axiaux font preuve d’une très grande patience, en n’hésitant pas à faire circuler le ballon latéralement, jusqu’à trouver une ligne de passe pour un joueur qui se positionne en remiseur entre les lignes.

Dans ce contexte, le rôle des défenseurs latéraux est primordial. Ils participent constamment à la phase offensive en occupant constamment la largeur du terrain. Ce sont ces mêmes joueurs qui jouent un rôle clé dans la phase de finition. Gayà, Vidal voire Montoya disposent d’une grande qualité de centres et ils savent en abuser, avec 20 centres réussis en moyenne par match. C’est 10 de plus que l’Atlético de Madrid qui dispose pourtant de latéraux de haut niveau.

Les frappes de loin sont aussi cruciales pour Marcelino. Gonzalo Guedes l’a bien compris, lui qui s’est fait remarquer depuis le début de saison pour ses beaux buts. Carlos Soler a aussi un rôle décisif dans la conclusion des offensives.  L’international Espoirs espagnol dispose d’une qualité de passe très au-dessus de la moyenne.

Mais on ne peut pas résumer le travail de la phase offensive de Marcelino à des attaques placées. Avec 46% de possession de balle en moyenne, il est loin des standards des équipes espagnoles classiques tels que le Betis (54%) ou même la Real Sociedad (59%), dont les coachs sont des apôtres de la possession. Marcelino aime la verticalité et les attaques rapides, et l’effectif qu’il a construit est adapté à cet objectif.

(Premier circuit d’attaque rapide : récupération basse de Gayà qui joue immédiatement vers l’avant)

(Guedes a récupéré le ballon et élimine son vis-à-vis tout ou s’ouvrant de l’espace grâce à sa bonne première touche de balle. Soler se projette et Rodrigo en haut à droite à déjà commencé à s’excentrer.)

(Soler a été servi et porte le ballon dans le camp adverse, le plus loin possible pour fixer un maximum d’adversaires. Pendant ce temps, les deux attaquants qui s’étaient excentrés commencent à rentrer à l’intérieur dans le dos des défenseurs adverses sur le reculoir.)

(Carlos Soler attend le dernier moment pour servir Zaza à droite dans le bon tempo et entre deux défenseurs. Celui-ci n’a plus qu’à donner à Rodrigo qui a adapté son déplacement pour se retrouver face au but et marquer. Malheureusement la passe de Zaza sera mal effectuée et cette attaque rapide magnifiquement construite se soldera par un échec.)

Marcelino n’a aucun problème avec l’idée de laisser le ballon à l’adversaire pour le récupérer dans ses 30 derniers mètres. Il a su travailler avec précision les attaques rapides et ses joueurs disposent du volume de jeu pour répéter à l’envi ce type de courses.

(Suite à un corner pour le Betis, Parejo récupère aux abords de la surface. Zaza, juste à côté, et Soler en haut à gauche, commencent déjà à se projeter.)

(Simone Zaza, qui a reçu le ballon de Parejo, sert dans la foulée Soler à droite et continue son action. Guedes, qui semble encore assez loin du jeu, a pourtant débuté une longue course dans l’axe, en pointillés.)

(Soler a éliminé son vis-à-vis et ceux qui l’entourent par un contrôle orienté bien senti. Zaza et Guedes se retrouvent potentiellement en 2 contre 1.)  

(Le milieu excentré de Valence essaie de bonifier son premier contrôle et de garder son temps d’avance en servant par-dessus, directement Guedes qui se retrouverait face au but. La passe arrivera mais le contrôle de la poitrine raté du Portugais permettra au Betis de stopper l’action.)

Ce deuxième modèle de contre-attaque rapide permet de montrer la variété des attaques rapides proposées par Valence, et l’utilisation pertinente du jeu court et du jeu long pour déstabiliser l’adversaire. Rappelons néanmoins qu’il y a un pilier qui permet à l’édifice construit par Marcelino de tenir : la qualité technique, le sens collectif de chacun des joueurs qui cherchent constamment à se trouver, même dans des positions improbables. Dani Parejo le concède lui-même lorsque un journaliste d’El Pais lui demande ce qui a changé dans le collectif de Valence par rapport aux entraîneurs précédents : « la mobilité n’est pas la même. Tout le monde ne voulait pas le ballon comme ils le veulent désormais. » .

Une équipe impliquée et concentrée en défense

Marcelino l’a clairement énoncé dès son arrivée en conférence de presse. On ne peut rien prétendre sur une saison avec une défense qui prend 65 buts comme la saison passée. Le chantier est prioritaire pour lui, car comme le dirait Claudio Ranieri (dans l’Equipe) : « il faut d’abord s’occuper de fermer solidement la maison pour empêcher les voleurs d’entrer. Puis, nous pourrons décorer à l’intérieur comme on le souhaite. » Marcelino partage cette philosophie et cherche à s’appuyer sur une défense rigoureuse.

Là encore, il fait preuve de cohérence et de réflexion en s’appuyant sur son 4-4-2, un bon système pour une occupation rationnelle de l’espace, notamment de la largeur.

(On visualise ici très bien la configuration défensive classique de Valence : la compacité du bloc sur une zone du terrain est maximale. La position du milieu de terrain droit, encerclé et totalement à l’intérieur, illustre bien cette occupation. Les deux lignes de 4 sont bien visibles, on cherche à réduire au maximum les espaces. La position du bloc est très souvent médiane. Dans ce cadre, le joueur de l’Atlético n’a qu’une seule possibilité : ouvrir à l’opposé pour faire coulisser les Valenciens.)

(Ici, on observe clairement la configuration défensive de Valence lorsque le ballon est sur le côté. L’objectif est d’enfermer l’adversaire contre la ligne. Dans cet espace réduit, les pertes de balle sont bien plus probables. Ici, les joueurs de l’Atlético doivent jouer un 4 contre 2. Parejo dézone sur le côté pour valider le surnombre. C’est Pereira, entouré, qui compense ce déplacement en repiquant dans l’axe. Le côté opposé de l’action est presque totalement abandonné. )

Dans cette configuration très classique prônée par Marcelino, il n’est pas question de pressing tout-terrain et de harcèlement des défenseurs centraux en permanence. Le coach préfère aspirer et enfermer l’adversaire une fois que celui-ci est rentré dans son camp.

Cependant, conscient que toute configuration défensive à ses limites si aucune variété n’est apportée, il demande aussi à ses joueurs des courtes séquences de pressing ciblé à des moments du match.

(Pereira vient de perdre le ballon dans le camp adverse. Dans l’immédiat, il s’active pour harceler le porteur adverse accompagné par son latéral, tout proche de lui. Les autres joueurs du collectif déclenchent leurs courses dans la foulée pour se rapprocher de lui et fermer toutes les solutions de passe courte.)

La possibilité de réaliser un pressing est toujours conditionnée par le profil des attaquants et surtout leur bonne volonté à enchaîner les efforts pour faciliter le travail des coéquipiers juste derrière eux. A Valence, avec Rodrigo et Zaza, Marcelino peut compter sur deux joueurs irréprochables dans ce domaine. Ce travail de la première ligne et des milieux permet au bloc de rester compact, haut sur le terrain, quitte à ouvrir un peu la profondeur, car les milieux ont confiance dans la qualité du cadrage des coéquipiers, qui empêche de se faire piéger dans le dos.

(Marcelino Garcia Toral, n’est pas un adepte de la défense médiane attentiste. Ici, il prend tout le monde à revers en demandant à ses joueurs d’aller presser haut la défense du Betis, alors qu’il mène 2-0 sur leur terrain et qu’il pourrait se « contenter » de les attendre dans son camp pour les contrer).

Ainsi, les images précédentes montrent l’étendue des qualités défensives de cette équipe qui sait faire bloc, et varier les configurations défensives. Le volume de jeu conséquent et une préparation physique adaptée permettent ensuite de récupérer un maximum de ballons. Dans ce cadre, Kondogbia a un rôle important. Le nombre de ballons que l’ancien de l’Inter gratte, son volume de course et sa capacité à « nettoyer »  le ballon avant de le donner à un partenaire en font l’un des meilleurs milieux de Liga.

Enfin, lorsque la défense de Valence est repliée sur son but, elle ne panique pas et occupe l’espace avec beaucoup d’intelligence. Par exemple, en cas de dédoublement adverse, le latéral suit le joueur qui prend le couloir même s’il arrive lancé, alors que le milieu de terrain reste à l’intérieur pour compenser et empêcher l’adversaire de repiquer.

(Autre exemple d’une occupation intelligente et collective de l’espace en phase de repli. Ce sont 8 joueurs de Valence qui quadrillent la surface de réparation face à 7 attaquants du Betis. Face à une telle densité, il n’y a guère qu’un exploit individuel qui puisse ouvrir le verrou.)

On ne peut terminer cette présentation de la phase défensive travaillée par Marcelino sans évoquer le rôle du gardien Neto. Recrue du mercato estival réclamée par le coach, l’ex-gardien de la Juventus démontre match après match l’étendue de son talent. Solide dans ses prises de balle aériennes, doté de bons réflexes pour réaliser des parades sur sa ligne et disposant d’un bon jeu au pied, c’est un gardien très complet. De plus, il est fort mentalement pour résister à la pression imposée par les supporters locaux qui appréciaient beaucoup son prédécesseur, Diego Alves.

Sur Beautyfootball, nous nous positionnons clairement : Marcelino Garcia Toral est un futur grand manager européen. Il pourrait emmener Valence très haut et peut-être même prendre la destinée d’un club européen d’envergure mondiale. Marcelino appartient à cette famille : depuis ses aventures avec Villarreal, il a toujours fait évoluer ses équipes dans un système unique, le 4-4-2, bien animé avec des joueurs au profil adéquat. Ses principes de jeu n’ont pas changé : verticalité, efficacité dans les deux surfaces, sens collectif et sens du spectacle. Beautyfootball vous invite à suivre de près les matchs de Valence, vous ne le regretterez pas et vos yeux non plus !

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Dimitri THOMAS Twitter @D3ITHOMAS
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