La Lazio de Simone Inzaghi et le rêve du retour des années dorées

par • 09/04/2017 • A la une, Serie ACommentaire (0)748

En début de saison, les projecteurs se sont braqués soudainement sur la Lazio avec les échos de l’arrivée de Marcelo Bielsa. Cette équipe semblait partie pour vivre une histoire médiatique sous l’égide du  coach argentin. Sauf que, cela ne s’est pas passé comme la presse et les dirigeants l’avaient prévu. Bielsa n’est pas venu et il a fallu agir. Le club a de nouveau sombré dans l’oubli. Dans ce contexte, l’équipe technique décide de renouveler sa confiance une saison de plus à l’une des légendes du club, Simone Inzaghi déjà présent en fin de saison dernière. Aujourd’hui, la Lazio est aux portes de la Ligue des champions devant les clubs de Milan pour ne citer qu’eux. Et ce sans débourser des millions, sans révolutionner l’effectif. Comment Inzaghino a-t-il réussi à sublimer cette équipe, pour en faire un escadron efficace et passionnant à voir jouer ?

Composition et animation

 

Des principes offensifs cohérents

« Il est très important de s’installer rapidement, de s’adapter à la culture et à l’organisation et de connaître tous les joueurs du club – équipe première, réserve, jeunes etc…- (…) Écouter, apprendre, être flexible : tout cela est crucial quand il s’agit de s’intégrer durablement dans la culture d’un club ». Ces propos issus du livre récent Carlo Ancelotti : le leader tranquille (traduit par Raphael Cosmidis et Charly Moriceau) sont parfaitement appropriés pour définir Simone Inzaghi, sa place dans le club et le travail qu’il s’est acharné à effectuer. Ce joueur emblématique des années 1990 et 2000 a d’abord entraîné les équipes de jeunes avant de s’occuper de l’équipe fanion. Il a pu réaliser un diagnostic complet depuis l’intérieur du club, et analyser les forces et faiblesses de son effectif.

Disons-le d’emblée : le groupe de la Lazio est sous-côté. Les grands médias n’y voient ni star, ni grand crack en devenir à la Mbappé. Pourtant, le talent et les possibilités sont immenses quand on se donne la peine d’analyser les qualités des joueurs. Il s’agit ensuite d’adapter en bonne intelligence ses principes de jeu avec les forces du groupe. Cette clairvoyance, cette pertinence dans le regard est peut-être ce qu’il y a de plus difficile à faire pour un entraîneur surtout lorsque l’on veut développer un football fait de prises d’initiatives comme Inzaghi. Clairement, c’est ce qui différencie le bon entraîneur du cador.

Ainsi sur le pré, comment s’anime cette équipe ? Répétons-le : les grandes équipes sont celles qui commencent dans un système (le 4-3-3, le 4-4-2…) mais qui ne jouent jamais vraiment dans ce schéma sur le terrain. La Lazio d’Inzaghi répond à ce principe. Le 4-3-3 tel qu’il apparaît sur le tableau noir est plus mouvant durant le match. Dans les faits, nous sommes vaguement plus proches d’un 4-2-3-1. Le positionnement des joueurs sur le terrain en phase d’attaque placée est  relativement plus proche du schéma suivant :

Pourquoi Lulic et Basta occupent les couloirs telle une diagonale ? Pourquoi une telle densité de joueurs à l’intérieur ? Pourquoi Biglia parait-il un peu isolé au milieu ? L’objectif d’Inzaghi est la réponse à toutes ces questions : l’Italien souhaite mettre son équipe dans les meilleures dispositions pour exprimer l’une de ses grandes forces : l’alternance jeu court/jeu long !

Les défenseurs centraux néerlandais incarnent d’emblée efficacement ce principe de jeu. Ils sont souvent recherchés par le gardien à travers une passe courte (quasiment tous les 6 mètres sont joués au sol !). Puis, ces derniers, peuvent utiliser leur jeu long depuis l’arrière pour lancer un joueur qui aurait fait un appel pertinent. Inzaghi sait qu’il dispose de défenseurs formés à l’école néerlandaise. C’est-à-dire formatés non pas uniquement pour détruire le jeu de l’adversaire mais aussi pour distiller des passes, à l’aide d’une vraie relance verticale et précise. De plus, De Vrij ou Hoedt n’hésitent pas à porter le ballon, pour fixer un adversaire, l’obliger à se déplacer et donc libérer un éventuel espace pour un partenaire qui pourra recevoir le ballon démarqué.

De Vrij n’hésite pas à avancer balle au pied pour aller fixer des adversaires. Cela oblige ces derniers à concentrer leur attention sur lui et donc à libérer un espace pour un partenaire, ici Milinkovic parfaitement situé entre les lignes.

Hoedt est en possession du ballon et a levé la tête pour voir le plus loin possible devant lui. Basta dans le coin droit sera servi dans les secondes suivantes en profondeur par une merveille de transversale.

La Lazio ne « balance » pas le ballon devant à la sauvette. Ces séquences répétées à foison prouvent que le processus est réfléchi et travaillé. Le jeu des Laziali penche d’ailleurs beaucoup à droite grâce à l’activité incessante de Basta. De plus, avant de pouvoir distribuer une passe longue de qualité, les premiers relanceurs de l’équipe romaine n’hésitent pas à redoubler les passes latérales derrière jusqu’à s’ouvrir le jeu devant eux sur une dizaine de mètres. Un autre joueur est crucial dans le développement de ce jeu long : c’est Lucas Biglia. International argentin, ce joueur est la plaque tournante de l’équipe. Il sait parfaitement orienter le jeu par des transversales de droite à gauche et vice-versa.

Dans le secteur offensif, les joueurs savent profiter des qualités des relanceurs. Ils disposent d’un grand volume de courses qu’ils combinent régulièrement. Immobile peut à la fois décrocher, ce qui provoque instantanément la plongée dans son dos d’un autre joueur offensif comme Milinkovic ou Anderson. Ciro Immobile peut aussi provoquer des appels vers l’extérieur et les côtés ce qui permet aux milieux de côté de rentrer à l’intérieur à sa place. Par conséquent, les premiers relanceurs ne sont jamais à court de solution face à la complicité de la ligne d’attaque biancoceleste.

Ce jeu long, aussi bon soit-il ne peut pas être systématique face à des équipes adverses intelligentes tactiquement, qui finiraient pas s’adapter. Simone Inzaghi a travaillé différents cheminements pour créer un maximum d’incertitudes chez l’adversaire. En effet, face à des joueurs qui abusent du jeu long, l’adversaire dispose (entre autres) des possibilités suivantes : prendre du recul pour anticiper la passe mais peut-être étirer ses lignes. Jouer très haut le hors-jeu et empêcher les relanceurs de distribuer mais prendre le risque de laisser des espaces dans son dos pour un joueur offensif, surtout si le pressing manque de coordination (la finale de Coupe de la Ligue 2017 entre Paris et Monaco en est le symbole).

Inzaghino connaît ses failles et a préparé son effectif à les exploiter au mieux. Premièrement, les joueurs romains n’hésitent pas à redoubler les passes au milieu de terrain pour tenter d’aspirer l’adversaire. Avec près de 462 passes par match et 52% de possession de balle en moyenne, la Lazio dispose d’une qualité technique certaine pour jouer court. Il s’agit ensuite de placer une banderille efficace en profondeur suite à l’appel de l’attaquant.

Les joueurs Laziali redoublent à gauche dans des petits espaces et aspirent les joueurs de Bologne tentés de les presser. Malheureusement, Biglia, qui réussit à se démarquer dans l’axe sera trouvé et pourra placer un bon ballon sur Immobile qui a dézoné pour partir en profondeur.

Deuxièmement, la Lazio aime s’installer dans le camp adverse, mettre l’opposant sur le reculoir et lui faire croire à un jeu long pour en réalité proposer une combinaison à deux ou à trois, ou encore un dédoublement, grâce à des joueurs entre les lignes et proches les uns des autres.

Lucas Biglia a le ballon et la défense de Bologne commence à anticiper un éventuel jeu long. Cela donne la possibilité à Immobile de se proposer en relais court. C’est cette combinaison à trois avec Parolo qui sera recherchée pour faire le décalage. Notons aussi le placement de Basta à l’intérieur qui créé une solution de plus au cœur du milieu alors qu’il est défenseur latéral. Guardiola, apprécie aussi cette utilisation des latéraux à l’intérieur.

 

Une fois que les décalages sont effectués grâce aux nombreuses combinaisons, les Biancocelesti tentent de conclure les actions le plus efficacement possible. La création de triangles dans les 30 derniers mètres est l’une d’entre elles.

Exemple parlant d’une action en triangle pour créer une situation de centre ou de frappe. Parolo, Lulic et Anderson combinent ensemble pour trouver la passe dans l’espace libre qui permettra à Anderson de conclure la séquence pour les attaquants dans la surface.

Par ailleurs, les joueurs de la Lazio multiplient les centres pour Immobile qui en véritable renard des surfaces n’a pas besoin de beaucoup d’occasions pour marquer. Ils réalisent en moyenne près de 15 centres par match. Ils n’attendent pas forcément d’avoir débordé leur vis-à-vis pour le faire. Dès les 40 mètres, si l’espace est suffisant, Lulic, Basta ou Anderson n’hésitent pas à envoyer le ballon dans la boîte. Milinkovic, Immobile sont également appuyés par les projections très nombreuses de Parolo ce qui multiplie la densité dans la surface de réparation. Citons pour conclure la fréquence des frappes de loin, notamment lorsque l’adversaire est replié autour de sa surface de réparation.

Une défense collective et compacte

 

Avec 31 buts encaissés la Lazio est la troisième meilleure défense du championnat. Sur les cinq derniers matchs, les Romains n’ont pris que 2 buts. Cette solidité s’explique par un plan de jeu cohérent et travaillé dans ce secteur. D’abord, aucune équipe sans véritable star ou crack ne peut atteindre un tel niveau au classement si l’effort défensif n’est pas partagé. Chez les Biancocelesti c’est le cas et chacun apporte sa contribution pour éviter de se mettre en danger.

La plupart du temps, l’animation défensive de la Lazio prend la forme d’un 4-4-2 ou d’un 4-2-3-1. La hauteur du bloc et donc de la ligne de récupération varie ensuite en fonction du contexte et de l’adversaire. La défense de zone est une donnée invariable chez Inzaghino. Les joueurs se déplacent non pas en fonction des individus, mais en fonction du ballon en suivant le système maintenant classique du coulissage.

Le schéma en 4-4-2 en zone disposé sur toute la largeur du terrain bien visible ici.  Anderson, à droite, est d’ailleurs un peu trop loin du jeu.

Immobile et Milinkovic n’hésitent pas à redescendre assez bas pour emprisonner les milieux de terrain adverses dans une tenaille à 4 dans l’axe. Cependant l’objectif prioritaire reste de récupérer le ballon sur le côté, en ouvrant une porte à l’adversaire dans laquelle il sera obligé de s’engouffrer. Puis les supériorités numériques créées par  les déplacements de Biglia et Parolo  dans les couloirs font la différence.

La défense habituelle de la  Lazio illustrée en une image. Dans le carré c’est un 4 contre 4 à jouer avec le coulissage des joueurs axiaux bien visibles. De plus, Parolo et Anderson se préparent à rentrer à l’intérieur pour compenser, laissant les joueurs de Sassuolo côté gauche totalement seuls. En défense de zone, on ne se préoccupe pas des joueurs à l’opposé du ballon puisqu’on se positionne  uniquement par rapport au cuir.

Le bloc est généralement positionné médian ou bas. Simone Inzaghi ne demande pas à ses joueurs un pressing tout terrain extrêmement énergivore. Il n’a pas un effectif suffisamment profond au niveau des rotations pour tenir sur la durée dans ce registre. Par contre, ils n’hésitent pas à remonter assez haut dans le cas où l’adversaire jouerait vers l’arrière ou maladroitement sur un côté. Dans ce contexte, le joueur le plus proche du ballon effectue un gros travail d’harcèlement pour fermer les angles de l’opposant. Les partenaires se rapprochent alors pour couper d’éventuelles lignes de passes à proximité. L’adversaire est alors forcé à jouer long ou à « balancer » s’il ne fait pas de différences techniquement. La lecture de jeu de Biglia fait ensuite une grande différence puisque il sait se placer là où le ballon tombera. La qualité du jeu aérien de la défense centrale facilite aussi le gain du deuxieme ballon sur ces phases.

Enfin, les transitions défensives/offensives ne sont pas négligées par Inzaghi. Elles sont cruciales et à l’origine de nombreux buts laziali. Les qualités de vitesse et de projection de joueurs comme Anderson, Lulic, Basta ou encore Milinkovic rendent celles-ci redoutables lorsqu’ils ont encore le volume physique pour réaliser les courses nécessaires. Le second but marqué contre Bologne il y a un mois est éclairant dans ce registre.

Récupération basse de la défense centrale au niveau de la surface de réparation. Ils parviennent tout de même à relancer sur Milinkovic qui contrôle le ballon face au jeu.

 

Milinkovic remonte le ballon sur 30 mètres en résistant aux retours des milieux de terrain adverses. Immobile a dézoné et se retrouve à gauche. Il sera servi idéalement entre les lignes par Milinkovic et s’en ira défier le gardien et marquer le deuxième but de la soirée.

La Lazio d’Inzaghi est redoutable sur les phases de transition et les contre-attaques. La qualité technique de certains milieux de terrain alliée aux bons déplacements d’Immobile font énormément de différences en Serie A.

Des leaders techniques et complémentaires

Au-delà de l’importance d’Inzaghi dans la construction de principes de jeu forts, certains joueurs sont des relais idéaux de sa philosophie sur le terrain. Chaque ligne dispose d’un « joueur socle » sur lequel l’entraîneur peut s’appuyer pour pérenniser ses principes de jeu.  Derrière, insistons sur l’importance des Néerlandais en charnière centrale. Wesley Hoedt et Stefan De Vrij sont deux défenseurs disposant d’une belle palette technique. Purs produits de la formation hollandaise, le premier est issu du centre de formation de l’AZ Alkmaar tandis que le second a fait ses classes au Feyenoord Rotterdam. Ces deux grands gabarits sont encore de jeunes joueurs. Complémentaires, ils représentent l’avenir défensif d’un football néerlandais encore en crise de renouvellement.

Mais le cerveau de l’équipe se nomme Lucas Biglia. Véritable aspirateur à ballon, il est le joueur par lequel transite chacune des actions.  Né le 30 janvier 1986 et déjà âgé de 31 ans, il réalise une carrière quelque peu ombragée, sans doute en dessous de ce que son talent pouvait lui promettre à l’image d’un Borja Valero à Florence. Formé à Argentinos Junior, il arrive dès 20 ans en Europe mais non pas en Espagne ou en Italie comme beaucoup d’Argentins mais en Belgique. Il signe en 2006 un contrat de 4 ans avec Anderlecht. Alors qu’il empile les saisons de qualité et que de nombreux grands clubs s’intéressent à lui, il reste en Belgique jusqu’en 2013, où il décide de signer non pas au Milan ou à la Juve mais à la Lazio qui n’est pourtant plus le cador des années 1990-2000. Toujours là, où on ne l’attend pas, il brille de mille feux durant les derniers matchs de la Coupe du monde 2014 (notamment en finale), alors qu’il est sélectionné tel un second couteau, et qu’il ne débute jamais un match de poule. Cet événement mondial change sa vie comme le raconte avec élégance Markus Kaufmann pour So Foot le 28 mars 2015 : « Adepte de la sécurité avant tout, l’Argentin ennuie l’Olimpico et symbolise à lui tout seul la déception de la Lazio.(…) Mais depuis son retour du Brésil, tout a changé. »

Sens du placement, intelligence de jeu, agressivité et qualité de passe, voici les termes qui pourraient résumer l’expression footballistique de l’Argentin. En effet, sa science tactique lui permet de déterminer quand il doit accompagner un pressing ou rester en couverture. Il sait très bien ramasser les deuxièmes ballons, facilitant par la même son travail de relance. C’est dans ce registre qu’il brille le plus cette saison avec près de 50 passes par match dont 65% sont vers l’avant. Son jeu long est d’excellente facture, tant et si bien qu’il tire presque seul tous les coups de pied arrêtés.

Biglia n’est pas seul à distribuer les bons ballons. Il est principalement accompagné par le Serbe Sergej Milinkovic-Savic. C’est l’année de l’éclosion pour ce milieu de terrain au grand gabarit (1m92) qui semble avoir pris une autre dimension dans son jeu. Formé à Novi Sad et passé par Genk avant d’atterrir à la Lazio en 2015, l’international serbe nous montre chaque week-end que grande taille ne signifie pas maladresse technique. Ses contrôles orientés, son jeu dos au but sont un régal pour les yeux. Disposant d’un grand volume de jeu il gagne plus de 50% de ses duels. Il est d’ailleurs intéressant dans son jeu de tête qu’il soit de nature offensive ou défensive (66% de duels gagnés de la tête). Mais c’est balle au pied ou dans ses déplacements offensifs qu’il montre son évolution. Redoutable entre les lignes il sait placer la dernière banderille quand il le faut pour déstabiliser l’adversaire ou finir une action. Auteur de quatre buts et quatre passes décisives, il peut, à tout juste 22 ans, augmenter encore significativement ses statistiques personnelles qui illustreraient mieux son importance capitale dans le jeu biancoceleste.

Car Ciro Immobile, l’attaquant laziale reste le principal fer de lance d’un groupe revanchard qui veut se montrer dans toute la Botte. Le joueur, âgé de 27 ans,  et déjà passé par Séville et Dortmund a déjà scoré près de 18 fois en Serie A. Catalogué souvent comme un renard des surfaces, sa palette est pourtant bien plus large. L’ancien buteur de Pescara est capable de varier les appels profonds et le jeu dans les pieds dos au but. Sa puissance physique associée à une vitesse correcte et surtout à une intelligence dans le déplacement au-dessus de la moyenne lui permet de sentir les coups avant les autres. Sa réputation de renard des surfaces provient probablement du fait qu’il lui faut très peu d’occasions pour marquer. Très mobile, mais pas dribbleur pour un sou, il ne rechigne pas aux tâches défensives comme tout attaquant international qui se respecte. Quand la Lazio joue à l’Olimpico, l’aigle de Rome, c’est lui !

Les axes de progrès

Cette équipe qui n’a plus perdu depuis le 29 janvier 2017 en championnat peut encore progresser dans de nombreux domaines. Nous avons souligné l’importance de Lucas Biglia dans le jeu romain. Cette importance peut se transformer en dépendance. Si l’adversaire parvient à le couper du reste de l’équipe, la Lazio peut avoir beaucoup de difficultés à s’exprimer.

D’autre part, cette équipe brille peu dans les 1 contre 1 dans les espaces réduits. Les situations de dribble sont très rarement à l’avantage des Biancocelesti. Néanmoins, l’exception se nomme Keita Baldé. L’international sénégalais de 22 ans est rarement titulaire, mais entre quasiment à chaque match et presque toujours en premier. Il apporte justement cette qualité de dribble et ce pouvoir déstabilisant lors d’un match serré. Déjà auteur de 8 buts sans être titulaire indiscutable, c’est le joueur qui permet de compenser la difficulté des Romains à faire des différences par le dribble. Pas sûr qu’il reste encore longtemps à la Lazio avec un tel statut, son caractère affirmé, et de telles statistiques.

Le fait que Keita Baldé soit quasiment toujours le premier joueur à entrer en jeu n’est pas forcément un très bon signe sur la profondeur de banc de l’équipe. La plupart des autres joueurs qui s’insèrent dans la rotation sont très jeunes (Murgia, Lombardi, Rossi…) et sont donc susceptibles du meilleur comme du pire. Avec le deuxième plus jeune effectif de Serie A derrière l’AC Milan, Inzaghi peut vite se retrouver à court de solutions. Ce manque de profondeur de banc le pousse d’ailleurs à aligner presque toujours le même onze de départ. Les joueurs cumulent les matchs et s’exposent à une explosion physique à l’approche de la fin de la saison.

Terminons par deux points de détails qui peuvent s’avérer compliqués sur le long terme pour la Lazio. Le latéral gauche et capitaine de l’équipe n’est autre que Stefan Radu. Malgré sa rigueur et son professionnalisme, il n’est clairement pas un défenseur latéral de métier. Ses déplacements offensifs comme les dédoublements, tout comme la qualité de ses centres affaiblissent le côté gauche de l’attaque et explique que les offensives des Laziali s’opèrent majoritairement à droite. Enfin, cette équipe est composée presque uniquement de droitiers. Cet aspect souvent négligé peut néanmoins s’avérer important dans la lecture du jeu par l’adversaire. En effet, cette omniprésence de droitiers peut rendre le jeu offensif et notamment le dernier geste bien plus prévisible. La défense est également plus simple à déséquilibrer pour un attaquant qui va toujours chercher à attaquer le côté faible en 1 contre 1.

Conclusion

Avec 75 millions de budget environ (soit l’équivalent du budget lillois), et compte tenu du contexte tendu à l’été 2016, la Lazio, aujourd’hui quatrième de Serie A et en finale de Coupe d’Italie, réalise une saison en tout point remarquable. Cette efficacité comptable est assortie d’un jeu très agréable à regarder, dans lequel créativité, esthétisme et respect du spectateur ne sont pas négligés. Simone Inzaghi a su analyser son effectif à la perfection. Son équipe détient trois des qualités majeures pour construire une équipe dominatrice : la qualité technique, le volume de course et l’intelligence tactique. Un recrutement malin et hétéroclite, une éclosion des jeunes, un entraîneur travailleur et exigeant, un contexte sportif apaisé, voici les axes de la politique sportive romaine.

Bilan

  • Une équipe pleine de qualités techniques
  • Un effectif solidaire, capable de défendre collectivement en produisant un grand volume de courses.
  • Une intelligence collective incarnée par Lucas Biglia.
  • Un entraîneur qui connaît parfaitement le club et qui sait utiliser les forces d’une formation de jeunes en plein essor.
  • Une équipe disposant d’un vrai soutien populaire au sein de la ville et d’un grand stade.
  • L’efficacité de Ciro Immobile qui permet de concrétiser beaucoup de temps forts.
  • L’effectif a les capacités de prendre le jeu à son compte mais aussi de défendre bas en jouant les transitions.
  • Des défenseurs centraux de qualité, techniques, qui peuvent réaliser des décalages depuis l’arrière.

Sources images : gettyimages.com, googleimages.com, zimbio.com, wolrdfootball.net

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Dimitri THOMAS Twitter @D3ITHOMAS
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