San Lorenzo, la symphonie du football mondial

par • 22/11/2014 • A la une, Amérique du SudCommentaires (10)5420

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Alors que l’Argentine a connu un moment de folie ce jeudi à la Bombonera et retient son souffle à la mi-temps de ses deux Superclasico entre Boca Juniors et River Plate comptant pour la demi-finale de la Copa Sudamericana (l’équivalent de l’Europa League), La Grinta  vous présente une autre hinchada qui n’est pas en reste. Celle de San Lorenzo. L’institution devenue championne d’Amérique du Sud et de plus en plus célèbre grâce à l’un de ses supporters qui n’est autre que le Pape François, doit aussi sa renommée à son public passionné, le plus créatif du pays voire du monde. 

Si les chansons des supporters du monde entier étaient classées dans les hits-parades, il est pratiquement certain que la hinchada de San Lorenzo serait numéro un. Et si les droits d’auteur étaient reversés par tous ceux qui ont un jour entonnés un chant provenant de Boedo, San Lorenzo pourrait tranquillement revenir dans son quartier d’origine mais cette fois avec trois ou quatre nouveaux stades dans son escarcelle…Dans tout les cas ce qui est inestimable, c’est l’ingéniosité et la créativité spontanée de ces supporters. “Le fan de San Lorenzo est unique car il se sent fier de ce qu’il est depuis plus d’un siècle et cela est gratifiant au plus haut point. Je peux affirmer qu’il n’y a rien de plus beau dans la vie que d’être supporter de San Lorenzo”, déclarait récemment le vice-président du club Marcelo Tinelli.

Ce match dans le match si cher aux passionnés du monde des tribunes, du virage au parcage visiteurs, pour beaucoup, San Lorenzo n’a jamais eu d’égal… “San Lorenzo possède la hinchada la plus ingénieuse”. Ces mots adressés à quelques journalistes sont signés Diego Armando Maradona alors dans la Bombonera suite à un match du Ciclon face à Boca Juniors. Boca, parlons-en tiens. Ce recibimiento (entrée des joueurs en Amérique du Sud)  qui a affolé la toile et les passionnés de football ce jeudi face à River Plate lors de la demi-finale aller de la Copa Sudamericana, n’est autre qu’une invention des fans de San Lorenzo. Ce thème de bienvenue si connu et très souvent utilisé en Argentine (“Cuervo mi buen amigo…”) avait été élu meilleur du monde à l’époque par le journal Marca en Espagne.

Autre chant bien connu ici en Amérique du Sud, “el tema celebretario por excelencia” (Le “Olé olé ola, cada dia te quiero mas…”) entendu après une victoire est aussi une invention des Cuervos (corbeaux, surnom des supporters de San Lorenzo). Souvent repris par les fans de l’équipe nationale d’Argentine et ensuite par d’autre clubs, ce chant est également né à Boedo, tout comme la célèbre chorégraphie torse nu et maillot tournant au dessus de la tête.

D’ailleurs, qui ne connait pas aujourd’hui les “papelitos” argentins ? Mais qui sait que la première fois que ces derniers ont fendu le ciel de Buenos Aires au dessus d’un stade en Argentine, c’était aussi à Boedo ? La hinchada de San Lorenzo fut la première à tirer ce que l’on appelle aussi les “cotillons” recevant même certains hommages de la part d’autres groupes de supporters du pays.

Boedo comme source d’inspiration17-650 

Gitanas hermosas, Presidentes que harian de la Rosada un boliche » ou encore Locos que siempre estaran a tu lado », viennent tous des esprits musicaux de José Betinoti, Homero Manzi (La légende prétend que le tanguero Homero Manzi aurait composé le fameux morceau “Sur” dans l’ancien “Café del Aeroplano”, situé à l’angle de San Juan et de l’avenue Boedo), Jose Gonzalez, Castillo, Catulo mais aussi de Piana. On trouve aussi dans les paroles la touche poétique de nombreux littéraires du “Grupo de Boedo” (entre politique et littérature sociale, le Groupe Boedo était composé de jeunes écrivains prolétaires dirigés par Antonio Zamora dans les années 1920). Une inspiration que tous ces artistes, ont été cherchés dans les rues de ce quartier si typique.

Bars de caractère, épiceries anciennes, vieilles façades et rues pavées font le charme de ce quartier compris entre les avenues Independencia, Sánchez de Loria, Caseros et La Plata, c’est à dire entre Almagro (au nord), San Cristóbal et Parque Patricios (à l’est), Nueva Pompeya (au sud) et Caballito (à l’ouest). Mais Boedo est avant tout un quartier dont la vie est rythmée par la culture populaire : il respire à la fois le tango, le théâtre, la littérature et bien sûr le football qui ont fait et continuent de faire sa gloire. Pour exemple, cette terrasse bien sympa : celle de Zidane, un café ouvert par un fan de la légende des Bleus ! Bref, la culture football qui existe aujourd’hui à Boedo est liée à son histoire. Dans les temps modernes, la barra brava de San Lorenzo, la Gloriosa, a recréé deux chants d’anthologie qui inspirent aujourd’hui des milliers de supporters dans le monde : “Vengo del barrio de Boedo”, qui a accompagné en 2011 l’équipe qui luttait pour ne pas descendre en seconde division. Ce chant est devenu mythique un soir d’été 2011 à Buenos Aires, où la hinchada est restée plus d’une heure à chanter malgré la défaite face à Independiente « Même dans les mauvais moments, je t’accompagnerai toujours » dans une ambiance à en faire frissonner plus d’un…

Vous l’avez sûrement reconnu, ce chant a aussi inspiré le tube de l’été par les fans de l’Albiceleste lors du Mondial “Brasil decime que se siente » et est aussi énormément repris dans les stades du pays comme à Quilmes, Nuevo Chicago ou encore Boca Juniors quand il s’agit de rappeler au plus grand rival River Plate qu’il est un jour descendu en Primera B Nacional. Cet air s’est aussi propagé aux stades du monde entier notamment Gerland avec les supporters de… l’Olympique Lyonnais ! Repris de la chanson “Bad Moon Rising” du groupe Creedence Clearwater Revival créé en 1969, la version originale dure moins de deux minutes trente et est aujourd’hui devenue une référence dans les stades de football. Le “dernier titre” en date de la hinchada de San Lorenzo se nomme “Que no tiene explicacion, eso es verdad” qui a marqué la magnifique campagne victorieuse de 2014 en Copa Libertadores. Ce chant porte l’empreinte de la chanson “Tres Marias” du réputé chanteur argentin Andres Calamaro, très prisé des jeunes lors de “coperas” (soirées arrosées).

On peut encore citer Soy de San Lorenzo si senor » que l’on peut entendre aujourd’hui à Saint-Etienne ou à Bordeaux, mais aussi le fameux Dicen que estamos todos de la cabeza ». L’écrivain et journaliste Cesar Tiempo déclarait “À l’époque, le méridien de la littérature argentine passait par Boedo”. Ce méridien aura traversé le temps, pour que tous ces amoureux de San Lorenzo trouvent l’inspiration au sein de ce quartier pour devenir aujourd’hui, la symphonie du football mondial.

 Par Bastien Poupat à Buenos Aires

Twitter @BastienPoupat
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10 Responses to San Lorenzo, la symphonie du football mondial

  1. cuervo frances dit :

    Ponga huevos San Lorenzo
    vamo vaya al frente Que aca está tu hinchada
    que aca está tu gente.

    Porque ser de San Lorenzo ,es muy diferente
    Este sentimiento, nadie lo comprende.

    Que no tiene explicación Eso es verdad Cada vez te quiero más
    Y siempre yo voy a estar presente
    Este sentimiento es verdadero
    Ciclón te amo Sin vos me muero.. ♫

  2. cuervo frances dit :

    tres bon article ENFIN UN CONNAISSEUR UN VRAI ! ( boixos 34 sur youtube regarde ma video las mejores canciones de san lorenzo 1 et 2 . vieilles videos mais sympa)

  3. zbot dit :

    pour avoir vu plusieurs matchs en argentine dont les plus grands, c’est vrai que y a pas foto la Gloriosa butteler c’est du tres tres lourd et elle surpasse de loin c’est cousins de la Doce ou la Borracho del tablon.

  4. Gabriela dit :

    Porque ser de San Lorenzo es muy diferente, este sentimiento nadie lo comprendeeeee.. AGUANTE EL CICLÓN!!!!

  5. San Lorenzo lo más grande dit :

    Como parte de esto doy fe que es una locura estar ahí.
    Una vez, estando en la popular de San Lorenzo, había un grupo bastante numeroso de turistas en la cancha en lo que parecía parte de una excursión. Al ver a la gente cantando y saltando tan emocionada no podían creerlo, y sacaban fotos y filmaban, aplaudían y hasta trataban de cantar. Hablaban un inglés muy claro y decían “Impresionante” “Hermoso”.

  6. Jorge dit :

    soy de San Lorenzo si señor,que loco estoy
    Je suis de San Lorenzo oui monsieur , je suis fou … cette foule , je veux voir le champion

  7. avephoenice dit :

    UN POCO DE HISTORIA ….
    A fines de los años 70 bajo la dictadura de gobierno militar en Argentina,
    el estadio “VIEJO GASÓMETRO” del club SAN LORENZO DE ALMAGRO era expropiado; aduciendo que por allí se construiría la autopista 25 de mayo. Esta obra se construyó 3 (tres) cuadras antes,
    levantando en el predio del mencionado estadio el hipermercado extranjero Carrefour.
    Cuál es la verdadera historia???…
    Organizando un Mundial de Fútbol, esta dictadura, decide modificar
    el estadio de Vélez, terminar de construir el estadio de River Plate…
    (Al de Boca algún arreglo en menor medida le han hecho pero no lo mencionan)…Y expropiar el de SAN LORENZO sin recibir ayuda para ser remodelado.
    Por qué estando el VIEJO GASÓMETRO anclado en un barrio de Bs.As.
    donde se destaca la cultura porteña no se lo ayudó como a los demás???….Sí bien la dirigencia de Annan no era de las mejores,..de todos modos por qué la dictadura no ayudó a San Lorenzo???…
    A qué se debe esto???…..
    La siempre INGENIOSA HINCHADA de SAN LORENZO fue la que en partidos de esa época, en la que se torturaba y mataba a compatriotas, cantaba esto …” Y dónde están??? …Y dónde están los
    desaparecidos, dónde están???” ♪♫ …
    (a este canto bastante tiempo después se sumaron las hinchadas de: Racing, Independiente y los equipos de La Plata, Estudiantes y Gimnasia).
    Esta es la causa y excusa principal que tuvieron los militares para expropiar el VIEJO GASÓMETRO …pensando que con esto SAN LORENZO DE ALMAGRO y frente a tal provocación; desaparecería …
    Su fiel HINCHADA lo acompañó más que NUNCA, no solo llenando
    Estadios Alquilados como los de Boca, River y Vélez sino que también construyó con sus aportes el NUEVO GASÓMETRO en lo que era y
    es la CIUDAD DEPORTIVA DE SAN LORENZO ubicada en Flores sur .. C.A.B.A….
    En la actualidad SAN LORENZO está luchado por volver a Boedo,
    con el aporte de todos los sanlorencistas …SAN LORENZO va a volver
    a construir SU ESTADIO en el barrio que lo vio nacer ….

  8. Nacho Cuervo dit :

    Que no tiene explicacion, eso es verdad
    cada vez te quiero mas, y siempre yo voy a estar presente
    este sentimiento es verdadero, CICLON TE AMO
    SIN VOS ME MUERO!

  9. Julián De Stéfano dit :

    Excelente nota que refleja tal cual es la realidad, más de cien años demostrando fecha a fecha, campaña tras campaña, porque somos la mejor hinchada del mundo y ese es mi mayor orgullo…. más que cualquier copa conseguida, la pertenencia y el sentimiento que solo un cuervo puede tener o sentir no tiene comparación con nada que conozca!

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