Top 10 : les tifos du week-end

par • 11/04/2017 • A la une, Top 10 des tifosCommentaire (0)1280

Chaque semaine les tifos animent les tribunes, et ce n’est pas une mince affaire. Pour une grosse préparation, ils sont déployés quelques minutes, et passent au mieux quelques secondes à la télé. Heureusement que le Top 10 est là pour pérenniser ces œuvres trop éphémères. Top 10 La Grinta des tifos originaux, créatifs, complexes, et de qualité. Et cette semaine, c’est du sacrément lourd.

 

 

10. Toulouse FC 0-0 Olympique de Marseille

On commence en Occitanie Pyrénées Méditerranée (bon, en France quoi), avec des supporters heureux pour le 80ème anniversaire du TFC, qui recevait Marseille pour l’occasion. Une belle fête en tribune qui arbore les couleurs du club avec des papiers arrondis imprimés de l’écusson. Une réalisation propre et harmonieuse, qui fait son effet. En haut, une banderole soft adaptée à la situation célèbre de la ville : “Toulouse, ville de football depuis 1937”. La fête, mais aussi la mémoire. Si d’anciens joueurs étaient présents sur le terrain, les Indians n’oublient pas l’un des leurs et déploient une banderole pour Brice Taton, tué en 2009 à Belgrade (Serbie).

 

9. FK Sarajevo 0-0 Zrinjski Mostar

En Bosnie, le FK Sarajevo accueille le Zrinjski Mostar en célébrant leur ville. Sarajevo prend des allures de faucheuse, le symbole du groupe Horde zla. Sauf que la faux est un drapeau orné de l’écusson de la ville, et le squelette une vieille dame avec un bob “J’aime Sarajevo”. Sur la banderole, des paroles de la chanson “Sarajevo ljubavi moja” (Sarajevo mon amour) du chanteur bosniaque Kemal Monteno. Les supporters sont masqués par le craquage massif de fumigène aux couleurs du club. La faucheuse n’aura pas eu la peau du Zrinjski Mostar qui décroche le nul.

 

8. Millonarios 0-1 Atlético Nacional

Classico colombien avec les deux clubs populaires du Millonarios de Bogota et de l’Atlético Nacional de Medellin. Les barras du Comandos Azules rappellent leur couleur mais c’est surtout la ville de Bogota qui est mise à l’honneur avec des drapeaux en jaune et rouge. C’est le carnaval en tribune… Craquage de fumigènes, voiles déployés un peu partout, couleurs mélangées, c’est pas super créatif mais le stade se métamorphose et respire la ferveur. Bienvenue en Amérique latine.

7. Universidad de Chile 0-0 Colo Colo

Le Superclasico du Chili : le match oppose deux clubs à la rivalité énorme. Universidad de Chile est le deuxième club le plus populaire du Chili après Colo Colo, qui tient son nom d’un chef mapuche ayant combattu les Espagnols au XVI siècle. L’occasion de déployer des voiles bien symétriques avec leur icône et leurs couleurs. Dessus, un hibou stylisé avec les yeux en rouge, portant un maillot universitaire. Au milieu, la barra brava Los de Abajo (“ceux d’en bas”) rappelle à la Garra Blanca, la plus grande barra du Chili, chez qui on est.

 

6. Velez Sarsfield 1-3 Boca Juniors

À Buenos Aires, il y a aussi Vélez Sarsfield, club créé en 1910 qui doit son nom à une station de chemin de fer. L’équipe atteint le top niveau dès 1992, entraînée par Carlos Bianchi. Bielsa a aussi entraîné l’équipe en 97-98. Si les maillots sont d’abord bleus, dès 1914 on y ajoute les couleurs du drapeau italien pour représenter les immigrés qui rejoignent le club. En tribune face à Boca Juniors, un drapeau italien inversé en hommage à l’histoire et à la diversité du club.

5. ASSE 1-1 FC Nantes

Les Magic Fans déchirent avec un voile raccroché à des cordes lancées depuis la partie supérieure, dressé avant le levage des feuilles. Le nom du groupe s’inscrit autour d’une icône, la représentation de leur capo légendaire, Olive. Son nom en lettre cursive est parfaitement réalisé sur la partie inférieure de la tribune. Décédé d’une leucémie, les MF 91 sensibilisés à cette maladie récoltent de l’argent en vendant des cartes postales en faveur de la Ligue contre le cancer. Pour la solidarité, première place du classement.

 

4. SV Austria Salzbourg 1-2 SAK 1914

Un triptyque majestueux pour le SV Austria, club de la ferveur supporter né en 2005. Les supporters refondent le SV Austria Salzbourg devenu Red Bull Salzbourg après son rachat par Red Bull. Concrètement ? Un  fabuleux passage de la division 7 à la division 2 en quelques années, un stade de 1600 places animé par des tifos de folie et une place dans le top 5. Une âme préservée. La fraternité prime, dans toute sa diversité : en français dans le nom du groupe “Fraternité violette”, et en allemand, “10 ans de fraternité”.

3. FC Bâle 1-1 Young Boys Berne

Superbe compo à Bâle. Les deux personnages regardent vers les tribunes. On peut voir un clin d’oeil aux supporters qui tournent le dos au terrain pour animer le match. L’un des personnages porte le maillot et l’écharpe de l’équipe, un vrai fumigène à la main. L’autre, ballon sous le bras, est un joueur qui semble avoir traversé les années. Le flocage forme le 12, numéro dédié aux supporters. La banderole “Tu es unique – Nous ensemble, ça n’arrivera pas deux fois” réunit joueurs et supporters. Rappelons que le président, Bernhard Heusler, a annoncé 2 jours avant qu’il quittait le club.

2. Trabzonspor 3-4 Beşiktaş

Direction la Turquie pour un tifo géantissime en latérale. Et pas n’importe où. Le Trabzonspor est le seul club du “big four” à être en dehors d’Istanbul. Les atouts locaux sont présentés de la meilleure des manières. Deux tifos à feuilles sur toute la longueur, avec au milieu des hommages. Le joueur Cemil Usta dit “Dozer”, le bulldozer, porte l’enfant. Joueur historique du club, il est mort en 2003 d’une crise cardiaque, à 52 ans. Avec la guitare, c’est le chanteur et activiste turc d’origine laze Kâzim Koyuncu, supporter absolu du Trabzonspor, décédé à 33 ans d’un cancer du poumon. La banderole célèbre le jeu du bulldozer, et l’amour de Kazim. Le Trabzonspor s’incline mais le tifo reste.

1. VFB Stuttgart 1893 2-0 Karlsruher SC

Stuttgart fait fort cette semaine pour le derby de Bade-Wurtemberg. Déploiement majestueux sur un ton d’opéra et message ridiculisant sur fond de lutte des classes : “L’éventail pour le peuple, le sceptre pour nous”. Sur le voile, un roi couronné, le VFB Stuttgart donc, et le misérable peuple, le Karlsruher SC. Un peu manichéen et un stade qui se la pète légèrement, mais c’est le jeu, non? La belle surprise : la réaction adversaire. En parcage, des craquages de fumis voire même de pots, des chants limite punk, un beau bordel qui pétille et dynamise la solennité voulue par Stuttgart. Parce que le foot oppose deux adversaires et qu’on a pas fini de se régaler.

 Avec Thomas Boraca et les partenaires traduction

À retrouver dès jeudi la Tribune Supporters sur But Football Club. 

Pour l’envoi d’éléments, merci de privilégier : top10destifos@lagrinta.fr 

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